Silvia Mongodi

Traces
Mains qui tâtonnent d’une naïve insolence
Autant plus avides que figées
Par les chaines de l’approbation
Mais l’émergence de ces nouvelles audaces
Volée aux doutes de ma légitimité
Apportent la danse, la transe, la cadence
Telle l’ivresse à un animal égaré et tant assoiffé
Ces traces me conduisent jusqu’aux ancêtres
Et dans le labyrinthe de leurs rides
Tel un chemin de braises parsemées
Je cherche à dévoiler leur impunité
Regards secrets et vides
Dérobés au silence de l’indifférence
Puis le chemin me conduit au paysage
Dessine le nuage, le vent, la racine et le tronc
Immuables et sans plainte
Aux ravages du temps
Ils me bercent de leur son
Qui ne porte ni ne se réclame d’un nom
Les traces s’affinent enfin
L’instant se dévoile
Bien que parfois seulement
Sans empressement
Seul le geste, la sensation, une exquise vibration
Les espaces contemplent l’apaisement
Du nouveau cheminement…
S.Mongodi